mardi 4 juin 2013

Monsanto : une affaire de blé OGM qui tombe à pic … en plein changement climatique

Simple coïncidence ? Alors que les terres agricoles européennes se trouvent fortement inondées après pluies diluviennes,nombreuses précipitations et autres intempéries,  une « affaire » de blé OGM secoue depuis quelques jours le marché mondial des céréales.
Tandis que certains et non des moindres – y compris le Parlement européen – soupçonnent  les Etats-Unis viale projet Haarp d’influer sur le climat, cela laisse bigrement à réfléchir
Certes, Monsanto affirme à qui veut l’entendre ne plus vouloir faire de « lobbying » pour le développement de la culture des semences modifiées en Europe, indiquant ne pas vouloir demander de nouvelles autorisations pour leurs plantes génétiquement modifiées.
Mais c’est peut-être pour mieux se faire prier en retour … la commercialisation de « son » blé OGM pouvant devenir à terme le seuil moyen de ne pas voir les cours des céréales s’enflammer, tout en garantissant l’alimentation d’une importante partie de la planète. Laquelle pourrait se réunir dans des émeutes de la faim, en l’absence « de pain et de jeux » – si l’on n’y prenait garde.
Face à de tels risques – économiques et sociaux – Monsanto pourrait presque passer pour un sauveur …. alors qu’à l’heure actuelle, aucun type de blé génétiquement modifié n’est autorisé à la vente ou à la production, tant aux États-Unis qu’ailleurs.
- Du blé OGM retrouvé  dans des champs aux Etats-Unis
Le 29 mai dernier, l’USDA – ministère de l’Agriculture US a confirmé sur son site internet  que du blé génétiquement modifié résistant au Roundup avait été retrouvé dans l’État de l’Oregon.
Après avoir fait analyser plusieurs échantillons par ses laboratoires, l’USDA a ainsi précisé dans un communiqué de presse que « les analyses indiquent la présence de la même variété de blé résistant au glyphosate que celle que Monsanto avait été autorisé à expérimenter en champs entre 1998 et 2005 ». Ce blé GM avait en effet été expérimenté sur plus de 4000 hectares entre 1998 et 2005 dans 16 États américains.
Dans un communiqué publié vendredi, l’Association américaines des cultivateurs de blé, tente de minimiser l’impact, mettant en avant la nature isolée de cet incident. Et estimant en conséquence qu’il n’existe que peu de raisons scientifiques pouvant amener les gouvernements à suspendre les achats.
L’USDA a assuré pour sa part qu’il n’y avait aucune preuve permettant d’indiquer de manière formelle que cette variété de blé génétiquement modifiée n’est été intégrée à des approvisionnements commerciaux, affirmant par ailleurs qu’il n’y avait pas de risque pour la santé.
- Les exportations américaines impactées
Le Japon a quant à lui d’ores et déjà annulé une commande de 25.000 tonnes de blé tendre blanc, tandis que les meuniers coréens ont suspendu depuis mercredi leurs importations de blé tendre blanc américain. Coup dur pour les agriculteurs américains producteurs de blé, le marché nippon constituant leur premier marché d’exportation, devant le Mexique, le Nigeria et la Corée du sud.  A noter toutefois, que selon l’Association américaine des cultivateurs de blé, le Japon a continué d’acheter d’autres variétés de blé US ces derniers jours.
Tout en s’étonnant que cette affaire voit le jour après tant d’années de l’arrêt du programme, certains  analystes financiers redoutent un éventuel effet de contagion sur les marchés.
Au final, les exportations américaines pourraient être grandement impactées … à moins d’une mesure exceptionnelle permettant de commercialiser le blé OGM incriminé, le niveau mondial de production de blé étant parallèlement fortement affecté par les très mauvaises conditions climatiques qui frappent l’Europe depuis quelques mois.
Rappelons parallèlement que les Etats-Unis sont le premier exportateur mondial de blé, leur part de marché représentant 10%. La production américaine de blé représente un chiffre annuel de 18 milliards de dollars dont 45% est exporté. Le blé tendre blanc, variété du champ où a été retrouvé l’OGM, représente quant à lui 17% des exportations américaines.
 - L’Union européenne vigilante sur le dossier 
En réaction, jeudi, la Commission européenne a recommandé aux pays membres de l’UE de mener des contrôles sur les importations de blé américain. Elle a ainsi informé les États membres par le biais du Système communautaire d’alerte rapide pour l’alimentation (RASFF), leur recommandant de tester les importations de blé tendre blanc.  Si le résultat s’avère « positif », le lot incriminé ne sera pas mis sur le marché.
Souhaitant assurer la protection des consommateurs européens, la Commission a par ailleurs demandé au ministère américain de l’Agriculture (USDA) de vérifier si des exportations de blé vers l’Europe auraient pu être affectées, et de l’en informer le cas échéant.
En tout état de cause, le dossier sera examiné le 10 juin prochain lors du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, composé de représentants des 27 pays européens.
Le blé tendre blanc représente 80% des volumes globaux de blé importés annuellement par l’UE, lesquels se chiffrent à un million de tonnes, l’Espagne étant le principal acheteur.
 - Monsanto met la pédale douce sur les OGM face à l’opposition actuelle
Simple hasard de calendrier ? C’est en marge de cet événement que la porte-parole de Monsanto en Allemagne, Ursula Lüttmer-Ouazane, a déclaré vendredi que la société ne chercherait à entrer que sur les marchés où ses plantes génétiquement modifiées étaient largement acceptées.
Ajoutant : « Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il n’y avait pas de large soutien pour le moment ».
Le groupe indiquant parallèlement ne plus vouloir faire pression pour le développement des cultures génétiquement modifiées dans la plupart des pays d’Europe compte-tenu de l’opposition qui reste forte dans de nombreux pays.
Tout en déclarant que des semences modifiées ne seraient vendues « que là où elles bénéficient d’un large soutien de la part des agriculteurs, d’un large soutien politique et d’un cadre réglementaire qui fonctionne bien ». Essentiellement, en Espagne et au Portugal.  Pays d’ores et déjà moutons noirs de l’Union européenne … qu’une baisse des revenus agricoles plongerait dans le chaos.
 - Les exploitations céréalières de France et d’Europe durement frappées par des intempéries
Parallèlement, en France, au niveau national, le rendement de la récolte de blé de 2013 était estimé à 6,98 tonnes par hectare, en fin de semaine dernière. En chute de 4 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Un chiffre enregistré avant les pluies diluviennes  qui se sont abattues en fin de semaine, laissant présager d’une situation encore plus préoccupantes.
Les conditions climatiques sont rudes depuis de nombreuses semaines, entraînant un retard végétatif significatif. La croissance des blés d’hiver s’avère trop lente tandis que les semis des cultures de printemps sont fortement décalés.
Denise Yoder, présidente de la FDSEA du Territoire de Belfort  indique pour sa part que 30 % des parcelles de céréales du Territoire de Belfort auront une importante perte de rendement cette année, et tout particulièrement l’orge et le blé, les céréales d’automne.
Indiquant même que sur certaines parcelles, les agriculteurs ne récolteront rien du tout et ne pourront même pas replanter autre chose, ayant effectué une déclaration « d’engagement céréales ». La raison à tout cela : pluie ou neige quasiment incessante depuis l’automne.
Au final, « les céréales qui sont sorties de terre demandent des traitements coûteux pour être viables « , poursuit la présidente. Des traitements vendus par Monsanto ? Qui sait …
« Les dégâts liés aux inondations et aux intempéries représentent des enjeux «considérables» pour les agriculteurs touchés, en particulier les éleveurs », a déclaré jeudi pour sa part le vice-président de la FNSEA, Joël Limouzin, en tournée dans plusieurs départements.
Ajoutant que pour les grandes cultures de céréales, «la saturation  est telle qu’aucune date ne peut être prévue», en ce qui concerne les travaux des champs.
- Des conditions climatiques influencées par le projet HAARP mené par la Défense US ?
Confortée dans nos dires par l’alerte du Parlement européen lui-même, nous avons d’ores et déjà laissé entendre ici-même  que tsunamis (tels  que Fukushima),  ouragans (tels  que Sandy ou Isaac), séismes (Haïti, Iran, Birmanie) ne seraient pas dûs uniquement à l’oeuvre de Dame Nature - cette  dernière pouvant être quelque peu aidée dans son œuvre par de véritables armes climatiques comme  HAARP (High-Frequency Active Auroral Research Program), gérées conjointement par l’US Air Force et l’US Navy.
Précisant que la liste  des groupes industriels, des sociétés financières « partenaires »  du projet et autres lobbies était pour le moins édifiante,   Bae Systems – entreprise britannique travaillant dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale – et Carlyle – la sulfureuse société liée à Ben Laden Groupe et Bush - figurant en bonne place. Histoire de donner des éléments factuels pour ne pas se faire accusée de conspirationniste.
Rappelons que  le programme basé à Gokona en Alaska existe depuis 1992. Il fait partie d’une nouvelle génération d’armements sophistiqués géré par l’Initiative de Défense Stratégique (SDI). Opéré par le Conseil d’Administration du Laboratoire de Recherche sur les Véhicules Spatiaux de l’Air Force, HAARP consiste en un système d’antennes puissantes capable de créer « des modifications locales contrôlées de l’ionosphère » (la couche supérieure de l’atmosphère).
En août 2010, le très sérieux journal Ria Novosti, nous rappelait d’ores et déjà que les Etats-Unis travaillent depuis quelques années sur la capacité de contrôler le climat dans diverses régions du monde.  Cette technologie, développée dans le cadre du programme HAARP est capable de provoquer des phénomènes  tels que des sécheresses, des ouragans, des tremblements de terre et des inondations.
Andreï Arechev, l’auteur de l’article, indiquait par ailleurs que « du point de vue militaire, le projet HAARP  est une arme de destruction massive, un instrument d’expansion qui permet de déstabiliser sélectivement les systèmes écologiques et agricoles des pays et des régions ciblés. ».   « Il semblerait que les changements climatiques au service des intérêts politiques soient loin d’être un mythe » s’exclamait-il dès 2010.
Les développements dans le domaine d’armement climatique  semblent atteindre la « capacité de rendement prévue», en engendrant les sécheresses, en détruisant les récoltes et en provoquant sur le territoire de la « cible » toute une série de phénomènes anormaux  concluait-il enfin.
- Quand le Parlement européen s’alarmait lui aussi …
Un document faisant office de rapport du parlement européen sur l’environnement, la sécurité et la politique étrangère, explique parfaitement en quoi consiste le programme Haarp, « n’hésitant pas à révéler ses objectifs les plus obscurs » indique par ailleurs le site Mecanopolis.
Lequel précise que la Commission des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense a rendu ce rapport en date du 14 Janvier 1999. La commission ajoutant et recommandant : « L’opinion publique ignore pratiquement tout du projet HAARP et il est important qu’elle soit mise au courant ».
« En raison de l’ampleur de ces incidences sur l’environnement, HAARP constitue un problème global et il faudrait évaluer si les avantages que procure ce système compensent les risques encourus » indique ainsi le document. Le rapport indiquant très clairement que « ces travaux de recherche doivent être considérés comme extrêmement néfastes pour l’environnement et la vie humaine ».
« Ses incidences écologiques et éthiques doivent être évaluées avant la poursuite des travaux de recherche et la réalisation d’essais » était-il encore suggéré.
Sources : AFP, Reuters , Ria Novosti, Le pays.fr
Elisabeth Studer – www.leblogfinance.com  – 2 juin 2013

mardi 6 novembre 2012

Banane, orge et manioc, le tiercé gagnant du réchauffement


Des cultures de manioc, à Ibadan, au Nigéria, début octobre.

Un ragoût de pois servi avec des frites d'igname et accompagné d'un petit pain de manioc, des bananes en dessert : voici le menu spécial "changement climatique" esquissé par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), dans un rapport rendu public mercredi 31 octobre. Sollicité par le Comité de la sécurité alimentaire des Nations unies, le CGIAR a mobilisé ses quinze centres de recherche afin de donner une vue d'ensemble des effets que pourraitavoir le changement climatique sur la production alimentaire mondiale.

"Certains aliments ne pourront plus être cultivés là où ils l'ont été pendant des générations, écrit Philip Thornton, coordonnateur du rapport. (...) Le changement climatique pourrait ainsi contraindre de nombreuses populations à travers le monde à consommer de nouveaux aliments afin de satisfaire leurs besoins nutritionnels."
Les experts du CGIAR décrivent les bouleversements que devrait connaître l'agriculture mondiale lors des prochaines décennies à cause de la hausse des températures moyennes et de la fréquence des aléas climatiques (inondations, sécheresses, canicules). Premier constat, en forme de rappel : "Nos trois principales sources de calories – maïs, riz et blé – font face à des conditions qui pourraient faire significativement baisser leurs rendements, et les principales sources de protéines animales sont également menacées."
Selon Philip Thornton, les agriculteurs de certaines régions devront choisir entre se convertir à de nouvelles cultures ou bien, s'ils veulent continuer à produire les mêmes aliments, déménager vers des contrées moins chaudes.
Ne comptons pas sur la pomme de terre, quatrième aliment le plus cultivé au monde, pour nous tirer d'affaire : elle apprécie la fraîcheur, et la hausse des températures devrait favoriser une recrudescence du mildiou, la maladie qui affama l'Irlande au XIXe siècle. Quant à la production américaine de soja, elle pourrait diminuer de 80 % au cours du siècle, rappelle le rapport.
La situation n'est pas pour autant désespérée, car d'autres cultures pourraient mieux supporter les changements climatiques, voire en profiter... sous réserve d'une recrudescence des maladies ou des attaques de parasites.
NOUVEAUX ALIMENTS
C'est le cas notamment de la banane. "Des hivers plus cléments pourraientpermettre de cultiver certaines variétés de bananes à une altitude plus élevée (...), y compris éventuellement dans des régions où pousse actuellement de la pomme de terre", affirme Philip Thornton. Le mil, l'igname, les lentilles ou certaines variétés de pois et de haricots pourraient également contribuer à compenser le déclin programmé des grandes céréales mondiales.
Mais ce sont le manioc et l'orge qui semblent les mieux armés pour s'adapter aux nouvelles conditions climatiques. "Le manioc tolère de nombreux stress, allant de la pauvreté des sols à la chaleur et à la sécheresse", notent les experts. Quant à l'orge, outre le fait qu'elle est riche en micronutriments, "elle est connue pour sa capacité à supporter la salinité des sols, en plus de la chaleur et de la sécheresse".
"Les gens adopteront-ils ces nouveaux aliments, aussi nourrissants soient-ils ? Ce défi culturel est une autre facette de l'adaptation au changement climatique, estime le chercheur du CGIAR. (...) Etant donné le faisceau de questions techniques, environnementales, culturelles et politiques que soulève ce changement de régime alimentaire, ce travail d'adaptation doit être entrepris sans délai."

mercredi 17 octobre 2012

OGM, l'alerte mondiale en matière de santé !


Certains articles avaient déjà montré que l'on pouvait avoir quelques doutes concernant les effets sur la santé humaine de certaines plantes génétiquement modifiées[i]. Mais les résultats de la recherche menée par le CRIIGEN et dirigée par le professeur Gilles Eric Seralini remet en cause l'innocuité du maïs NK603 sur la santé humaine, ceci grâce à des preuves de toxicité sur les rats[ii]. La mortalité de rates nourries avec du maïs NK603 s’avère six fois supérieure à celle des rates nourries avec du maïs conventionnel. Des tumeurs apparaissent en grand nombre pour ces rates nourries avec ce régime transgénique. Un article relatant cette recherche contrôlé par un comité de lecture vient d'être publié par la revue scientifique « Food and Chemical Toxicology »[iii]. On y démontre également la nocivité du Roundup, herbicide associé à cette culture OGM. Pourtant, ce maïs NK603 avait été homologué par les autorités américaines et européennes pour son utilisation dans l'alimentation humaine. Alors, comment en est-on arrivé là ? Quelle est l'étendue de l'impact des résultats de cette recherche ? 

Une étude contradictoire menée dans le grand secret pendant deux ans.

            Cette recherche n'a pas été réalisée à la demande d'une autorité nationale ou européenne d'évaluation de l'impact des OGM sur la santé ou l'environnement. Elle a été effectuée à l'initiative d'une organisation de la société civile, le CRIIGEN[iv] soutenue par des fondations privées[v]. En effet, aucune autorité publique n'a accepté de financer une telle étude, faute de réelle volonté politique.
            Depuis des années, le CRIIGEN s’interroge sur les impacts possibles de cette technologie. Cet organisme a été confronté, ces dernières années, comme d'autres organisations de la société civile, à la pression des entreprises transnationales comme Monsanto pour limiter les études d'impact sur la santé et l'environnement ainsi que l'accès aux résultats des quelques études existantes. C'est ce que démontre avec brio Corinne Lepage dans son dernier ouvrage « La vérité sur les OGM, c'est notre affaire »[vi]. Elle explique, en particulier, la raison de la création du CRIIGEN, sa découverte comme Ministre de l'Environnement de la réalité du lobbying pro OGM, ainsi que ses difficultés pour appliquer a minimum le principe de précaution, alors qu'elle avait un poste de responsabilité.

Comment les entreprises ont-elles construit leur non responsabilité ?

            Comment les autorités sanitaires américaines, européennes, nationales ont-elles été incapables de mettre en lumière le type de problèmes révélés par cette étude ? On ne peut appréhender cette question sans connaître la logique folle dans laquelle sont entrées les entreprises productrices d'OGM avec la complicité de certains scientifiques et politiques. En effet, dans la directive européenne de 2001 sur la sécurité des aliments, la responsabilité du producteur d'un produit alimentaire est normalement engagée. Mais il existe une exception, explique Corinne Lepage, « Lorsque l'état des connaissances scientifiques ne permet pas de connaître l'existence d'un risque, la directive permet aux états qui le souhaitent d'exclure la responsabilité du producteur. C'est le choix qu'ont fait la France et la plupart des pays européens ». Ces entreprises ont ainsi obtenu qu'au vu des connaissances actuelles, elles ne pouvaient être reconnues responsables des effets possibles des plantes OGM sur l'environnement et la santé humaine. Aussi, dès qu'elles ont pu obtenir cette autorisation de non responsabilité, elles ont tout fait pour limiter les études sur les effets de cette technologie. Mais de quelle manière ont-elles procédé? Elles ont d'une part rendu impossible la réalisation d’études (contrats avec les agriculteurs, non délivrance de semences pour les chercheurs, etc..) sur les OGM produits. Elles ont d'autre part promu le principe « d'équivalence en substance » qui a été repris par l'administration américaine et par l'EFSA[vii] au niveau européen. Quel est ce principe ? Un maïs OGM contient à peu près les mêmes taux de protéines, de glucides et de lipides qu'un maïs non OGM. Dans ces conditions, pourquoi soumettre les plantes OGM à des études de toxicologie ? C'est ainsi que les entreprises ont obtenu la possibilité de ne pas avoir à réaliser des tests d'impact sur la santé des rats se nourrissant avec ces plantes OGM. Cela n'est devenu qu'optionnel, à la bonne volonté des entreprises. C'est ce qu'indique clairement Catherine Geslain Lanaëlle, la directrice de l'EFSA,  dans le film diffusé sur France 5 « OGM, vers une alerte mondiale ? ».
Ainsi, quelques études ont été réalisées par ces entreprises productrices de plantes OGM, mais seulement sur une durée limitée à trois mois au maximum, sans chercher la différenciation entre un effet possible OGM isolément d'un effet Roundup, herbicide qui accompagne ce maïs OGM. Les études réalisées n'ont jamais examiné les paramètres sanguins, urinaires ou hormonaux.
            Lorsque des études ont été réalisées, elles sont restées confidentielles. En effet, seuls les membres des commissions d'évaluation peuvent avoir accès aux protocoles de recherche et aux résultats. Malgré le contenu touchant à la santé humaine, il a fallu des batailles juridiques épiques pour obtenir, par exemple, la publication de l'étude concernant le maïs MON863.

Une commission d'évaluation européenne à réformer

Par ailleurs, la composition de ces commissions d'évaluation a été critiquée par de nombreuses organisations de la société civile européenne ainsi que par les députés européens, dont José Bové et les députés verts. En effet, de nombreux membres de ces commissions se retrouvent en situation de conflit d’intérêt.
            De plus, comme le souligne Gilles Eric Séralini dans le film de France 5, le travail à réaliser pour l’évaluation par les experts est considérable. Des milliers de pages doivent être lues en quelques jours et cela sans compensation financière... Dans ces conditions, les entreprises font des résumés et orientent la prise de décision. Et les décisions de ces commissions, le plus souvent ne font pas apparaître les avis contradictoires.... C'est la commission qui donne un avis favorable et cela sans préciser quelles personnes  répondent personnellement de cette décision et quelles personnes sont opposées.. Quand aux politiques qui ont à gérer le risque, ils s’alignent sur les décisions des scientifiques réunis dans ces commissions.
            Dans ces circonstances, on comprend mieux comment nous sommes arrivés à cette scandaleuse situation qui fait honte au principe démocratique.

L'étude du CRIGGEN, une première mondiale

            C’est pourquoi nous pouvons saluer l'effort et la ténacité du CRIIGEN et de l'équipe de recherche de Gilles Eric Seralini pour conduire pendant deux ans une étude contradictoire qui a dû se faire dans le plus grand secret du fait du refus de Monsanto d’autoriser le CRIIGEN à réaliser une recherche autonome, selon son propre protocole. Celle-ci a été conduite avec des semences produites au Canada et dans un établissement indépendant de recherche en Europe. Elle constitue une première et un événement mondial.
            L’ouvrage de Gilles Eric Seralini « Tous Cobayes ! » (8)[viii] mais aussi plusieurs films présentent les conditions de réalisation et les résultats de cette recherche. Les films de François Le Bayon et Clément Fonquerne produits pas Lieurac Production donnent des clés indispensables pour comprendre la situation, sans tomber dans un réquisitoire à charge. Le film « OGM, vers une alerte mondiale ? » est diffusé sur France 5. Un petit film de treize minutes  « OGM, le moment de vérité »(9)[ix] produit également par Lieurac circule sur le web et dans les réseaux sociaux en différentes langues. Un autre film de 90 minutes « les OGM et nous » va aussi être chargeable sur le web. Lorsque l'on voit les tumeurs créées par l'alimentation OGM et par le pesticide Round up, cela fait froid dans le dos et crée un certain effarement. Le film « Tous  cobayes ! » de jean Paul Jaud[x] qui traite également du nucléaire sortira en salle le 26 septembre. Il constitue un beau témoignage et une belle démonstration sur l'effet de ces deux technologies dont on ne maîtrise pas les effets lorsqu’elles sont développées à grande échelle.

Que faire ?

            Le CRIIGEN demande l'interdiction du NK603 et du Roundup. Cela apparaît incontournable au vu des résultats confirmés de cette première étude. 
Face à cette situation aussi scandaleuse de volonté de blocage de la recherche, de manœuvres secrètes, de désengagement politique, la responsabilité des scientifiques et des politiques est engagée. On peut même s’interroger sur une éventuelle connaissance des entreprises concernant les effets de ces OGM...
Comme le souligne Joel Spiroux, Président du CRIIGEN, dans le film de Lieurac Productions, il sera nécessaire d’effectuer à nouveau ce type de recherche avec le même OGM, mais aussi avec les autres plantes OGM homologuées ou non au niveau européen et ailleurs dans le monde.Il en va de la sécurité sanitaire des citoyens  Cela demandera du temps et des moyens que les entreprises et les organismes publics devront dégager. Mais cela devient une nécessité impérative. Il faudra aussi complètement réformer le dispositif d'évaluation du risque au niveau national et européen. L'EFSA doit fêter son anniversaire dans quelques semaines ; ce sera l'occasion d'engager une véritable réforme.
            Il semble donc incontestable que le principe « d'équivalence en substance » doit être abandonné. Il en va de même pour d’autres principes utilisés afin de refuser les résultats significatifs de certaines études : l’absence de différence de résultats entre mâles et femelles, le principe doses/effets proportionnels.
            Des études d'effets possibles sur la santé des rats devront être engagées sur une durée de deux ans (équivalent à peu près de la vie d'un rat) et non pendant trois mois comme actuellement. Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans cette étude, on ne voit aucun effet apparaître avant quatre mois.... Il n'est pas sûr que, dans ces conditions, l'intérêt économique des entreprises pour produire des OGM avec de telles contraintes légitimes, puisse perdurer.
            Les scientifiques et les responsables politiques, mais aussi dans une certaine mesure les citoyens sont maintenant face à leurs responsabilités. Si certains scientifiques ou politiques désirent ne pas refaire les études sur les OGM déjà validés et souhaitent continuer à homologuer des OGM selon les procédures actuelles, cela engage leur responsabilité face à la justice. Cela serait le cas en cas de confirmation des effets nocifs d’autres OGM, sur la santé humaine. Mais nous n'en sommes pas encore là.

Des répercussions mondiales

Les répercussions de cette étude se feront sentir au niveau mondial. Huit pour cent des surfaces agricoles sont actuellement plantées en OGM. Mais en Europe, les plantes transgéniques constituent, sous forme de soja importé, 80 % de l'alimentation des élevages. En France et en Europe, grâce à des mobilisations citoyennes dont celle des « faucheurs volontaires », nous avons évité le pire, comme la dissémination complète des OGM dans les cultures et dans l'alimentation comme cela est le cas aux USA et au Canada. Cette dissémination est importante aussi en Argentine, ou au Brésil. En Europe, l'étiquetage des OGM est obligatoire. En France, les produits alimentaires sans OGM et issus de filières sans soja OGM dans l'alimentation animale peuvent être maintenant distingués par un étiquetage « Sans OGM »[xi]. Cela est nouveau et porteur d’espoir.
            Mais que vont faire les consommateurs des différents pays ? Que vont faire les autorités des pays face aux OGM produits sur leurs territoires ou importés ? La désaffection possible vis-à-vis des produits alimentaires contenant des OGM risque de produire une pression sur les aliments sans OGM. Cela risque d'avoir des incidences sur les marchés agricoles. Les spéculateurs seront encore à l'affût. Il semble aussi nécessaire de réfléchir, dès aujourd’hui, à un processus de transition entre la situation actuelle où les OGM se sont introduits dans une partie de l'alimentation mondiale et un avenir constitué d’une alimentation sans OGM.
           
Pierre VUARIN
Responsable de Programmes à la Fondation Charles Léopold Mayer
Co-créateur de l'Alliance Internationale Terre Citoyenne.



[i] Voir la contre expertise biostatistique du Criggen réalisée en 2005 sur le maïs Mon863 consultable sur le site du Criggen. Voir aussi la synthèse de trois études en 2009 sur le Mon810, Mon863, NK603 www.criggen.org Voir aussi le site de « responsible technology » qui fait le point sur quelques études et inquiétudes à avoir. http://www.responsibletechnology.org/gmo-dangers#.UFDf98cHV90.email

[ii] Voir la présentation de l'étude sous forme d'un power point sur www.criggen.org

[iii] L'article « on line » est édité sur le site de science direct http://www.sciencedirect.com/science/journal/02786915


[v] La Fondation Charles Léopold Mayer (www.fph.ch) et l'association CERES qui regroupe des industriels et citoyens autour de l'ancien PDG d'Auchan Gérard Mulliez désirant faire le point sur les effets de cette technologie. http://lexpansion.lexpress.fr/economie/gerard-mulliez-dans-l-etat-actuel-des-connaissances-il-faut-interdire-les-ogm_152209.html

[vi] « La vérité sur les OGM, c'est notre affaire ! » Corinne Lepage, Paris, Editions ECLM (www.eclm.fr), Sept 2012.

[vii] EFSA European Food Safety Autority, Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire.

[viii] « Tous cobayes ? », Gilles Eric Seralini . Paris, Flammarion. Sept 2012.

[ix] site ogm alerte mondiale www.ogm-alerte-mondiale.net

[x] www.unifrance.org/film/32194/tous-cobayes

[xi] « Avec ou sans OGM : l’étiquetage décrypté » par Christophe NOISETTE, septembre 2012 http://www.infogm.org/spip.php?article5166

mercredi 10 octobre 2012

Problématique des mesures d'adaptation au changement climatique


L’accentuation des péjorations climatiques observée depuis plus d’une trentaine d’années affecte dangereusement l’environnement, l’agriculture, la santé et l’économie du pays. L’interaction de certaines contraintes étroitement liées que sont le déficit hydrique, la salinisation, et l’acidification des terres a des conséquences désastreuses dans la majeure partie des régions sénégalaises et plus particulièrement celle de Fatick qui est constituée d’écosystèmes fragiles.
Plusieurs stratégies sont développées  par les acteurs et partenaires au développement afin d'endiguer le phénomène à travers des mesures d'adaptation et d'atténuation.